Au secours, Monsieur Parkinson part en vrille !

Et oui, tout le monde peut parler de la maladie de Parkinson : les symptômes, les traitements possibles, le quotidien parfois difficile bref, ce qui représente la partie émergée de l’iceberg. Mais savons-nous vraiment de quoi ce Fils de Park’s est capable ?

Sous la ligne de flottaison

Il y a un autre monde, celui du chaos et du désordre qui correspond aux périodes de crise aiguë. Et là, il y a comme un black-out de la communication. Cela devient un sujet rock’n roll mais plus du tout vendeur ni vraiment glamour !

Souffrez donc, mais en silence !

Ça fait partie du contrat, on l’intègre sans y penser et on l’applique sans rechigner. Et puis, finalement, ça tombe plutôt bien, car dans ces moments-là, c’est vraiment difficile de mettre un pied dehors ! Alors on se terre pour quelque temps, dans un monde de désolation et de solitude où le quotidien est mis à rude épreuve.

Et si l’on parlait ?

Non pas pour se plaindre, car cela n’a aucun intérêt, mais plutôt pour tenter de dépeindre plus précisément et de manière plus réaliste notre quotidien. Alors, je balance ? Quand je pense, que j’ai déjà mis deux heures pour écrire ces quelques lignes en mode shaker, cela risque, effectivement, d’être une opération périlleuse…

Le petit Abécédaire des crises parkinsoniennes

Absurde, ce monde étrange que l’on traverse trop régulièrement.

Bataille, violente et sournoise. En mode survie.

Catastrophe, surtout ne pas y penser et essayer de garder la tête froide pour avoir la force de rester debout.

Dérisoires, les petits tracas du quotidien, les clowns tristes et les hypocondriaques.

Épatant, quand une onde de chaleur nous envahit enfin et nous libère de notre prison pour quelques heures.

Folie, toujours trop proche, trop perceptible.

Galère, et vogue la…

Hourra, qui pourrait croire que l’ouverture d’une simple boîte de conserve peut-être vécue comme une victoire !

In-Octavo, le chat. Possède une forme d’empathie proche de l’abnégation. Sa technique préférée, combattre les tremblements en pesant de tout son poids sur le membre en crise.

Jeune et vieille à la fois !

Kombu, algue. Virage alimentaire à 180 degrés. Découverte d’un Nouveau Monde riche et varié.

Lourd, comme ce Fils de Park’s.

Matinale, au début par nécessité ensuite, par plaisir. Un pur moment de bonheur, de silence et de reconstruction personnelle.

Nuit blanche, une compagne trop envahissante. Un aller-retour direct vers l’adolescence. Trop de clopes, de séries TV, voire de sucreries et de douleurs physiques.

Omniprésence, d’amour et d’amitié, c’est une chance qui nous permet de garder la tête hors de l’eau. Merci du fond du cœur !

Poison, que tu insuffles au goutte-à-goutte dans nos veines. Recherche active d’un centre antipoison !

Quarante-cinq printemps, que tu piétines sans vergogne !

Richesse, de l’immédiateté, de l’instant présent, c’est ton enseignement.

Sofa, zone de repli salutaire quand plus rien n’est possible. À utiliser avec modération sous peine d’en prendre la forme !

Tremblements, à devenir dingue ! Qui rêve de vivre dans un robot-mixer ?

Urgence, en faire un maximum dans les rares moments de répit. Étendre une machine à laver à deux heures du matin ou faire cuire un poisson dès l’aube par exemple.

Volonté, la nôtre. Tu n’as de cesse de vouloir la briser. Notre plus grande angoisse, finir par plier sous la contrainte.

Web, il abolit les frontières et permet de se rencontrer, de partager. Ensemble, nous serons toujours plus forts !

XXL, ta taille. Trop gros, trop lourd, trop présent…

Yo-yo, notre vie de va-et-vient dans une montagne russe qui ne finit jamais…

Zoo, cette sensation récurrente d’être comme un animal en cage.

Et puis, la magie de l’accalmie

C’est maintenant, à l’instant, pour une ou pour quelques heures. C’est si soudain, si grisant, le corps s’apaise, et il se régénère. Plus de tremblements, de rigidité, et une putain d’envie de danser, de vivre à cent à l’heure.

Alors, pour en profiter et avant la prochaine attaque, j’abandonne momentanément mon clavier d’ordinateur. Et je cours, vers demain, avec la rage et la volonté toujours intacte de me surpasser.

C’est peut-être illusoire, mais laissez-nous le plus longtemps possible, la force d’y croire !

Je dédie ce post à tous les combattants de l’ombre, mes camarades d’infortune. Et surtout, ne lâchons rien, restons soudés, mes amis, ensemble nous serons toujours plus forts !!!

Amitiés,
Lili