Parkinson le glas

Soudain il sort de sa tanière
Faisant fi du traitement
Si fort, si fier
Il crève l’écran

Mon ciel s’obscurcit
Pour quelques heures
En mode survie
J’accepte la douleur

Mon corps se tord
Mes mouvements s’accélèrent
Mes muscles dans l’effort
Me font perdre tous repères

Chaque seconde est de trop
Chaque minute éternelle
Mesurant le tempo
D’un monde si cruel

Plus de combat
Plus de pleurs
Plus de cri
Ni d’effroi

Résignée
Ligotée
Malmenée
Emprisonnée

Sans plus de rancoeur
Avec résignation
J’attends mon heure
Celle de la libération

Le moment magique
Où mon corps exténué
Loin des forces telluriques
Peut se régénérer

L’esprit un peu chagrin
Et le coeur à l’envers
Reprenant mon chemin
Vers la lumière

Cela me parait déjà si loin
Voir même imaginaire
Un brouhaha anodin
Une chimère

Et je remercie la vie
Pour cette inconscience
Pour cette forme d’oubli
Qui sonne la résilience

Lili Saint Laurent © 2015