Amour

C’est le mot que je viens de taper sur la barre de recherche de Google et j’avoue que la réponse m’a laissée dubitative : « Aimer, c’est trouver plaisir au bonheur d’autrui. » G. B. Leibniz, Confessio philosophi.   

La philosophie ne serait-elle plus d’actualité ?

Car même si, intuitivement, je me sens proche de cette définition, cela ne colle pas avec mon ressenti. Et plus je réfléchis à cette question, et plus je suis convaincue que ce n’est pas elle qui était en cause, mais l’utilisation que nous en faisons. Qui d’un mot tendre et riche de partage, a chu de son sens premier, vers l’unicité.

L’altruisme a pris la poudre d’escampette

C’est une publicité pour une compagnie de téléphonie qui m’a mis la puce à l’oreille son message étant pour moi incompréhensible. J’ai juste retenu son slogan : « Love ». Comme si le fait de posséder le dernier modèle et/ou forfait permettait de rencontrer le grand amour ! Cela a piqué ma curiosité !

 Cupidon a trop de flèches à son arc

Vivant quotidiennement au contact de trois langues européennes (français, anglais, espagnol), j’ai soudainement réalisé que seul le français ne possède qu’un verbe pour exprimer l’amour ! Alors que, dans les deux autres, il est possible de différencier au minimum, les personnes et les objets (gustar/amarlike/love). Il y a bien le mot passion mais, malheureusement, il a souvent une connotation négative, plus proche de l’aliénation.

Alors, nous avons chargé la barque ! Et l’emphase des publicitaires et de la société de consommation, aidant, ce mot dévoyé s’est insidieusement vidé de sa substance. Et, il n’est plus donc étonnant aujourd’hui, d’être raide dingue de son portable ou de sa voiture.

Et peu à peu, Narcisse a pris du galon !

Car si en amitié on ne peut être un, l’amour, lui, peut-être narcissique ! Et ça, le marketing l’a bien compris et s’est rapidement engouffré dans la brèche ! Et, nous avons franchi un deuxième palier. L’amour n’est plus seulement un sentiment amoureux, mais il tend maintenant vers l’unique, vers l’autosatisfaction. Quid de tous les réseaux sociaux et autres applications qui font l’apologie du selfie.

Et ainsi, discrètement, le don de soi est devenu un concept désuet, dont le catholicisme s’est emparé, ne laissant plus l’opportunité à chacun d’entre nous de l’utiliser librement.

Et si l’on inversait la vapeur ?

Il est courant de penser que quand on conscientise un blocage, c’est qu’il est déjà à moitié résolu. Alors, moi, je dis que l’on peut prendre son courage à deux mains et arrêter de se regarder le nombril !

En cela, je dois reconnaître que pour y arriver, la maladie chronique est un bon booster ! Un long chemin bordé d’humilité qui nous apprend à ne plus compter que sur soi. Mais, je ne souhaite à personne de traverser cette épreuve. Et il doit y avoir une autre solution pour que le mot amour reprenne droit de cité. Et oui, il y en a une !

Prendre soin de l’instant !

24 h à la fois, une gymnastique mentale que chacun d’entre-nous peut pratiquer ! Il suffit d’avoir la volonté de reconsidérer ses objectifs, d’apprendre à respirer et à partager. Et surtout, surtout de ne jamais omettre d’y semer quotidiennement, quelques graines d’amour ou d’amitié !

Car comme le chante si bien Edith Piaf :

[…] Mais n’oubliez pas

Dans la vie y’a qu’une morale

Qu’on soit riche ou sans le sou

Sans amour on n’est rien du tout […]

Extrait in La goualante du pauvre Jean  Gouzaud / Monnot

Amitiés,

Lili

Et pour accompagner cette réflexion, une petite playlist à écouter ici :