Fil conducteur

Au fil du courant, je navigue doucement, je brave beaucoup de tempêtes, mais j’essaie obstinément de garder la tête hors de l’eau  ! Et même si ce Fils de Park’s me donne tant de fil à retordre, on continue notre route en double file, le plus joyeusement possible…

Une nouvelle étape, un essai thérapeutique

C’est le fruit d’une longue réflexion, que je n’ai pas prise de gaité de cœur. Mais honnêtement, avais-je vraiment le choix ? Je dois juste reconnaître que je n’ai trouvé aucun moyen de filer à l’anglaise…

Ma vie prend donc un nouveau tournant, elle ne tient maintenant plus qu’à deux fils. Ces deux petits fils si fins et si longs qui me relient à toi, ma nouvelle amie, ma petite pompe.

Pour ne pas perdre le fil de ma vie

J’ai accepté que tes petits pistons coulissent dorénavant de 24 h en 24 h au rythme des battements de mon cœur. De fil en aiguille, on s’observe, on se jauge. Et même si j’apprécie fortement ces moments de répit que tu m’offres… C’est pour moi, un chamboulement interne immense.

Je titube depuis une semaine entre  la joie et l’espoir que me donne ce nouveau traitement et une profonde tristesse qui touche à l’intime, à mon moi le plus profond.

Un fil à la patte ?

C’est comme comme cela que je l’ai ressenti de prime abord. Comme un pas supplémentaire vers la dépendance. Et pour moi, c’était comme un putain coup de canif dans le contrat… On entaillait salement mon libre arbitre.

Et puis, j’ai mis en balance tous ces moments d’inactivité, de douleurs, de tremblements… Le nombre de fois où je t’ai maudit… Ou j’aurais voulu que tu files dans  ta chambre et que tu disparaisses de ma vue ! Et la conclusion de tout ça, c’est que ma liberté de mouvement, elle était déjà bien amochée !

Une renaissance ?

Je n’irais pas jusque-là ! Surtout en pensant aux jours comme hier où cela ne fonctionne pas, où les crises s’enchaînent sans discontinuer. Ce n’est pas non plus un nouveau départ… Non, juste une étape de plus. La maladie chronique, c’est long, long, trop long !!!

Disons que c’est une nouvelle activité chronophage ! Ce n’est pas le premier essai thérapeutique que je fais… Je suis bien consciente de ce que je vais traverser : les tâtonnements du traitement administré, les journées d’hôpital… Mais, si l’on n’essaie pas, comment avancer ?

Entre les larmes et le rire

J’observe au compte-fils, les points d’injection, le nombre de bleus… J’encaisse la fatigue, les doutes, la douleur… Et, j’ai cette chance énorme d’être bien entourée, de ne pas faire cette traversée en solitaire. Et du coup, il y a bien plus de rires que de drames !

J’ai fait une cure de bains de mer en amont pour ne pas regretter mon corps à tes fils enchaîné…J’ai ressorti la machine à coudre pour te transformer en accessoire top mode…  Je cherche des solutions pour qu’on ne fasse plus qu’une. Car je ne veux pas renoncer au sport et je veux encore pouvoir danser… danser…

Je continue donc ma route, inlassablement, flanquée de mon colocataire encombrant. Et j’aspire toujours, à plus à d’apaisement, mon fil d’Ariane, ma bouée qui depuis tant d’années me sauve du naufrage.

Lili Saint Laurent

http://www.filsdeparks.com / Mettre des mots sur les maux de la maladie de Parkinson