Why are we on the side?

Dis ma société, qu’as-tu dans ta petite tête de pioche ? Pourquoi nous abandonnes-tu seul au bord de la route, nous laissant ainsi désœuvrés ?

Aurais-tu peur de nous ? J’ai regardé dans le dictionnaire et j’ai bien trouvé deux mots « malade » et « inutile » avec deux définitions différentes. Alors, où est-il le problème ? Aurions-nous démérité ?

Si la maladie est une bataille en soi, cela n’est-il pas suffisant ? Avons-nous aussi à en porter la culpabilité ?

Je profite de cette tribune pour t’expliquer une ou deux choses que tu sembles avoir omises…

  • La souffrance physique et morale nous pousse dans nos retranchements et nous rend souvent plus forts, plus combatifs !
  • Pour avancer et accepter l’inacceptable, il faut développer beaucoup d’humour
  • Notre corps est comme une petite entreprise que nous devons gérer efficacement, il faut être responsable !
  • La prise multiquotidienne de médicaments astreint souvent à une hygiène de vie que je n’observe pas chez tous mes contemporains bien portants !
  • Immobilisation n’est pas synonyme de nonchalance ! Qu’elle ait la différence entre une chaise de bureau et la mienne, à la maison ?

Notre différence, en tant que malades chroniques, est ressentie comme de l’ostracisme !

Et je crois sincèrement que la société s’est trompée de colère. Car à trop nous stigmatiser, elle nous rend malades. Et là, le serpent se mord la queue et badaboum, plus rien ne fonctionne !

Moi, je voudrais juste dire que malgré ce colocataire encombrant, j’ai de l’énergie à revendre, heureusement beaucoup d’humour et que je me sens responsable ! Et que si pour que l’on nous fasse confiance, il faut prendre les transports et s’asseoir sur une chaise de bureau, c’est bien dommage !

Pour ma part, je continue mon petit bout de chemin, pensant que la société est un Tout non uniforme, mais justement riche de ses différences. C’est ce qui ferait notre force si nous étions moins conformistes. Et rien que de l’écrire, ouf déjà, je me sens mieux !