Lili in wonderland

Afin d’organiser au mieux ce voyage, il me fallait bien sûr prendre en compte ce Fils de Park’s et je me sentais contrainte, car je n’en voyais que les effets négatifs.

Mais, j’étais vraiment loin de penser que dans le même temps, cela me permettrait de faire un voyage intérieur riche d’enseignements. J’ai subitement réalisé que j’avais fait du chemin.

Il aurait été impossible pour moi de faire ce périple avant, durant les trois dernières années.

Je vivais juste dans l’urgence, la survie. Un petit soldat de l’ombre confronté violemment à la douleur, à la peine et à la peur. J’ai dépensé beaucoup d’énergie dans la bataille, essayant constamment de me dépasser physiquement et moralement afin d’organiser ma vie différemment. Ce n’était réellement pas un temps de partage ou de rencontres, j’ai dû me recentrer sur moi même !

Finalement, ce voyage arrive à point nommé ! Juste au moment où je me sens assez solide pour m’ouvrir à nouveau aux autres.

C’est cela que l’éloignement m’a permis de réaliser. Et même si je ne peux toujours pas contrôler la maladie, je ne me sens plus désemparée ! Cette aventure me permet de partir à la rencontre d’une autre partie de moi-même, inconnue jusqu’alors. Je n’ai pas changé intrinsèquement, mais cette épreuve m’a forcément bousculée !

Je me sens plus courageuse, plus confiante qu’avant. Ici, au Vietnam, je sens bien que je vais à la rencontre des habitants plus facilement qu’avant, de manière plus rapide.

Comme si la vie ne tenait plus qu’à un fil, je vis mon présent plus intensément !

Choisir de voyager si loin et d’être toujours sur la route n’est pas une expérience évidente, mais j’ai la sensation qu’elle m’aide à tester et à repousser mes propres limites.

J’apprends à me mieux me connaître, j’essaie de trouver un moyen de concilier mon désir de vivre, les contraintes et le sentiment de solitude que la maladie m’impose. Ce que je ressens est difficile à décrire, mais en tous les cas, je ne me suis jamais sentie aussi sereine

Après quasiment quatre annĂ©es d’emprisonnement dans mon propre corps, l’éloignement me rend libre et lĂ©gère. Et mĂŞme si parfois la souffrance physique est difficile Ă  gĂ©rer loin de mes proches… On ne fait d’omelette sans casser des Ĺ“ufs !

Malgré cela, je ne sais toujours pas de quoi demain sera fait. Mais pour aujourd’hui, je suis juste heureuse de ressentir cela, perdue au milieu de la culture vietnamienne et de ses rizières !