Un printemps de plus contre l’indifférence !

Aujourd’hui, j’ai planté des fleurs et coupé les branches mortes de l’hiver pour accueillir le printemps !

Mon cœur oscille au rythme de la brise légère et chaude, mes pensées vagabondent entre ces bourgeons pleins de vie et ces feuilles mortes que je ramasse à la pelle…

Suis-je encore moi aussi pleine de vie, prête à repartir en croisade. Ou, une de ces branches mortes, rigide et incarcérée dans un corps sans mouvement ? Je ne sais plus très bien… Je vais avoir 41 ans bientôt et je peine à accepter une vie que même les retraités n’ont pas !

Le 12 avril, c’était le jour de la maladie de Parkinson, la fête de ce Fils de Park’s et le silence de la radio m’a glacée d’effroi !

Je ne peux rien dire, y aurais-je pensé moi-même, sans cette maladie ? Mais voilà, je suis en plein dedans, et autant d’indifférence m’effraie.

J’attends le moment où les médias ne seront plus à la botte d’un scoop bien pourri qu’ils digèrent et ressassent en boucle… Médiapart a fait du bon boulot d’investigation, mais après, qui sont-ils tous ces guignols qui nous matraquent toutes la journée pour savoir si oui ou non Cahuzac peut rester en politique et combien d’argent il aurait réellement détourné.

N’ont-ils donc rien d’autre à relayer ? Combien pourrions-nous aider de personnes en difficulté avec ces 600 000 euros ? Avant de palabrer comme des commères, ont-ils tout simplement pensé tout à leurs auditeurs ? Cela devrait être le minimum, non ?

Combien de personnes n’arrivant pas à boucler leur fin de mois ? Combien de chômeurs en fin de droit ? De personnes qui dorment dehors ? Combien de jeunes sans avenir ? Et eux, ils continuent sans honte à parler d’un pantin qui s’engage en politique avec plus de casseroles que nous tous réunis ! Ne pourraient-ils pas une fois par an au moins, faire une pause ?

Donner la parole à ceux qui souffrent, qui se battent sans répit pour survivre ou pour aider. Je parle de Parkinson, car je suis impliquée, mais cela englobe bien sûr d’autres combats, d’autres maladies…

Moi, je vois l’association France Parkinson qui se bat courageusement contre des moulins à vent, je vois tant de bénévoles qui donnent de leurs temps et de leur énergie, alors qu’ils sont pour la plupart eux-mêmes malades ! Je vois du mépris et de l’indifférence pour tous ceux qui n’ont pas la force de s’intégrer dans cette société à deux vitesses !

N’est-il pas déjà si difficile de lutter au quotidien, pourquoi faudrait-il en plus se battre pour obtenir de quoi vivre correctement ? Combien de gens laissés dans un chaos économique, sans possibilité de reclassement professionnel après le diagnostic ? Sait-on même que le stress est notre plus grand ennemi et que ces situations précaires ne font qu’accélérer les symptômes ?

La non-reconnaissance nous coûtera plus cher que la prise en charge ! Un malade déclaré toutes les heures, environ 20 % ont maximum 50 ans, trois ans effectifs de maladie avant le diagnostic ! Elle est là l’urgence, elle est là notre souffrance !

Alors, oui aujourd’hui je suis triste et fatiguée et surtout en colère ! J’ai 40 ans… J’ai du mal à parler, je marche difficilement, je tremble beaucoup et pour un printemps de plus… Je sais consciemment l’énergie qu’il me faudra dépenser !

Cette force, je suis sûre de l’avoir, je crois que je l’ai prouvée le mois dernier, mais je ne veux plus me battre pour rien ! Je veux lutter pour une société plus juste, plus égalitaire et surtout plus responsable. Et il est vraiment temps que les médias prennent conscience de leur rôle dans ce combat !

Alors, pour aujourd’hui il y a deux choses à faire : s’abonner ici à Médiapart, par reconnaissance et pour leur engagement, mais également rentrer définitivement en lutte pour notre futur, contre la bêtise, l’intolérance et l’indifférence !!!