Parkinson m’impose son silence

Il y a dans mon cerveau un silence immense et lancinant ! J’ai beau m’agiter dans tous les sens, refuser la solitude ou le repli, rien n’y fait, il me colle aux baskets comme un bout de scotch !

Et c’est reparti pour un nouveau tour de manĂšge, une nouvelle Ă©tape Ă  traverser, celle du monde du silence.

Je dois bien reconnaĂźtre qu’avec ce Fils de Park’s, je ne m’ennuie jamais ! Ce qui me tue ce n’est pas la maladie en elle-mĂȘme, mais sa durĂ©e illimitĂ©e. Comme un chariot de montagne russe, dont on ne descendrait jamais et qui vous accapare tous les sens jusqu’à la nausĂ©e.

Mais oĂč est la frontiĂšre entre l’endurance et l’épuisement, entre le courage et l’acharnement ?

Mon ĂȘtre, secouĂ© Ă  outrance, se rĂ©fugie peu Ă  peu dans un monde parallĂšle, protecteur et solitaire. Il est si difficile de dĂ©crire cet Ă©tat, les mots tournent dans ma tĂȘte, mais n’en sortent pas, m’emmurant peu Ă  peu dans un monologue qui m’épuise.

Comment peut-on ressentir conjointement le bonheur de la vie et son impermanence ? 

Cette Ă©tape est difficile, mais pas impossible, juste un peu trop silencieuse Ă  mon goĂ»t ! Elle ne se dĂ©roule plus entre moi et mon colocataire, mais bien au cƓur de moi-mĂȘme, de mes fondations.

Tel un petit bouddha, je la traverse en confiance, doucement, mais sĂ»rement… Elle est coriace, mais moi aussi ! Et heureusement, les outils sont lĂ  pour m’épauler et me guider, le yoga toujours, mais aussi la mĂ©ditation. Sans compter, l’amitiĂ© et l’amour chaque jour partagĂ©s !

Le silence est donc douloureux, mais salvateur. Et bientĂŽt, je l’espĂšre, il ne sera plus qu’un lointain souvenir…