Michaux for ever

Parce que j’aime la poésie
Parce que ce texte est un Tout salvateur
Parce qu’il est fondateur

Le souffle de la vie et l’amour
La spiritualité et la force
La chaleur jusqu’à l’irradiation

⚡️ Parce qu’il me régénère depuis si longtemps et qu’il me portera toujours

⚡️ Parce que tout simplement ce poème est fabuleux

⚡️ Parce que je trouve cela incroyable qu’un homme, Henri Michaux, en l’occurrence, puisse en quelques lignes nous modifier si profondément et si intensément !

⚡️ Parce que putain, c’est la semaine des check-up et que c’est dur ! Et que, malgré ce cruel duel entre toi et moi, mes chers détecteurs de Fils de Park’s tentent tels des boucliers surpuissants de m’aider à faire face, pour faire front !

⚡️ Parce que oui, grâce à la science et ses formidables disciples, à l’amour de mes proches, à la vie pleine de promesses qui apparaît telle une offrande, bienvenue à Pauline et à Nina, je continue à voir le soleil briller à l’horizon !!

⚡️ Parce que j’ai besoin d’énergie et de beauté. Et que ce poème, tel un mantra, me rend invincible et invulnérable !

AGIR, JE VIENS

Poussant la porte en toi, je suis entré
Agir, je viens
Je suis là
Je te soutiens
Tu n’es plus à l’abandon
Tu n’es plus en difficulté
Ficelles déliées, tes difficultés tombent
Le cauchemar d’où tu revins hagarde n’est plus
Je t’épaule
Tu poses avec moi
Le pied sur le premier degré de l’escalier sans fin
Qui te porte
Qui te monte
Qui t’accomplit

Je t’apaise
Je fais des nappes de paix en toi
Je fais du bien à l’enfant de ton rêve
Afflux
Afflux en palmes sur le cercle des images de l’apeurée
Afflux sur les neiges de sa pâleur
Afflux sur son âtre…. et le feu s’y ranime

AGIR, JE VIENS

Tes pensées d’élan sont soutenues
Tes pensées d’échec sont affaiblies
J’ai ma force dans ton corps, insinuée
… et ton visage, perdant ses rides, est rafraîchi
La maladie ne trouve plus son trajet en toi
La fièvre t’abandonne

La paix des voûtes
La paix des prairies refleurissantes
La paix rentre en toi

Au nom du nombre le plus élevé, je t’aide
Comme une fumerolle
S’envole tout le pesant de dessus tes épaules accablées
Les têtes méchantes d’autour de toi
Observatrices vipérines des misères des faibles
Ne te voient plus
Ne sont plus

Équipage de renfort
En mystère et en ligne profonde
Comme un sillage sous-marin
Comme un chant grave
Je viens
Ce chant te prend
Ce chant te soulève
Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux
Ce chant est nourri par un Niagara calmé
Ce chant est tout entier pour toi

Plus de tenailles
Plus d’ombres noires
Plus de craintes
Il n’y en a plus trace
Il n’y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l’océan ouvert
L’océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un œuf d’ivoire.

J’ai lavé le visage de ton avenir.

Henri Michaux – Poésie pour pouvoir, in Face aux verrous, Gallimard, 1967