Victor Hugo oui, mais de la poésie !

« Le domaine de la poésie est illimité. Sous le monde réel, il existe un monde idéal qui se montre resplendissant à l’œil de ceux que des méditations graves ont accoutumés à voir dans les choses plus que des choses… » 

Victor Hugo

Cet homme aux mille facettes, était également un grand poète.  Je n’oublierai jamais les premières rimes des  Les Djinns. Tout simplement fabuleux !

Mais ici, un fragment de Dieu, œuvre inachevée mais déjà si belle et visionnaire. Dis Victor, tu ne l’aurais pas rencontré toi, par hasard, ce Fils de Park’s ?

Dans l’obscurité sourde, impalpable, inouïe,
Je me retrouvai seul, mais je n’étais plus en moi ;
Ou du moins, dans ma tête ouverte aux vents d’effroi,
Je sentis, sans pourtant que l’ombre et le mystère
Eussent cassé le fil qui me lie à la terre,
Monter, grossir, entrer, presque au dernier repli,
Comme une crue étrange et terrible d’oubli ;
Je sentis, dans la forme obscure pour moi-même
Que je suis et qui, brume, erre dans le problème
Presque s’évanouir tout l’être antérieur ;
Si bien que le fantôme et l’effrayant rieur
Et tous les êtres noirs sortis du gouffre énorme
N’étaient plut qu’un nuage en ma mémoire informe,
Et que mon souvenir en un instant perdit
Tout ce que Légion par cent voix m’avait dit.
A peine de ma vie avais-je encor l’idée,
Et ce que jusqu’alors, larve aux lueurs guidée,
J’avais nommé mon âme était je ne sais quoi
Dont je n’étais plus sûr et qui flottait en moi.
Il ne restait de moi qu’une soif de connaître,
Une aspiration vers ce qui pourrait être,
Une bouche voulant boire un peu d’eau qui fuit,
Fût-ce tu creux de la main fatale de la nuit.