Je m’en remets au vent

Comme une feuille décidant de plaquer son arbre
Comme un grain de sable épris d’une tempête
Comme une braise cherchant son feu de forêt

Comme un air sec rêvant de fraîcheur

Je m’en remets au vent et j’apprends à lâcher prise, tout simplement

Je me sens alors plus sereine, moins fourbue. Mon corps se déplie à nouveau et se tourne imperceptiblement vers l’avenir. Encore, nano point sur l’horizon, mais point quand même !

C’est difficile de plaquer son arbre, d’aimer la tempête, d’allumer l’étincelle, de se diluer dans l’air ambiant. J’apprends et je me sens toute petite dans cette immensité.

Je me concentre sur les goélands au bord de ma fenêtre
J’essaie d’imiter la nonchalance de mon chat
J’observe mes cosmos qui ont la croissance tranquille

Je suis jalouse de l’eau du canal, lisse et calme comme jamais !

Dis, Dame Nature, pourquoi n’est ce pas inné chez l’humain, ce « lâcher-prise » ? Aurions-nous créé nous-mêmes notre propre enfermement ?

Aurions-nous oublié tout simplement où nous avions planté nos racines ?

La maladie creuse en moi son sillon, mais n’en raye pas pour autant le disque de ma vie. A contrario, elle m’aide à grandir, à faire des choix, à me protéger. Mais le prix est élevé et le chemin me paraît parfois trop long…

Si je pense à demain, s’ouvre à moi un monde incertain, où les repères sont distordus. Je ne suis pas encore prête. Et, seule la main tendue de mon amoureux m’offre la promesse d’un avenir serein. J’ai déjà cette chance !

C’est la rentrée et depuis trois ans maintenant, je sais que mon temps sera différent.

Il faut que j’accepte la lenteur, de ne pas être prise dans le tourbillon de la frénésie générale ! Je m’en remets au vent et j’essaie de me sentir légère qu’une feuille d’automne. Aussi détendue que mon chat qui somnole.

J’apprends à vivre plus doucement, à mon rythme

Et je remarque alors que Dame Nature a toujours raison. À vouloir aller trop vite, on s’en oublie soi-même ! Et même si c’est dur, Fils de Park’s ou pas, je suis déjà tout simplement ravie qu’elle partage ce secret avec moi !

Prenons-en de la graine !