Ne plus combattre Parkinson

Les années passent et je progresse peu à peu, validant les étapes de l’acceptation comme d’autres, des niveaux de sport ou des diplômes…

Une mue étrange

Qui me pousse à baisser les armes. Plus de bataille entre nous ! J’apprends à vivre, avec toi, malgré moi. Bizarrement, je me sens plus forte aujourd’hui qu’avant notre cohabitation ! Devrais-je me réjouir de cela et donc de notre rencontre ? J’ai de l’humour, mais pas à ce point-là !

Accepter, c’est te prendre en compte sans pour autant m’effacer. Un savant dosage entre maladie chronique et vie personnelle. Apprendre à en faire moins, mais mieux ! Me rendrais-tu plus sage ?

Pour le meilleur et pour le pire

Mais notre collaboration ne repose que sur ma bonne volonté, car toi, en revanche, tu ne lâches rien ! Et à chaque étape que je valide, tu te pointes sournoisement : courbatures, dyskinésies, tremblements ou tristesse, tout est bon pour me faire plier…

C’est pour cela que je ne veux plus me battre contre toi, mais pour moi. Je dois donc t’ingérer, me dépasser, nous atomiser ! À partir de maintenant, ensemble, nous formerons une équipe. C’est antinomique, mais cela vaut le coup d’essayer ! Le but, focaliser mon énergie sur l’essentiel!

L’endurance comme ultime pari

Avec toute cette énergie retrouvée et la dopamine que j’avale, je devrais pouvoir déplacer des montagnes ! Et chaque petit progrès me remplit de joie!

Trop heureuse de tenir à nouveau sur ma seule jambe droite pendant quelques instants, tel un flamand rose. De pouvoir à nouveau travailler, certes de chez moi, mais quand même ! De dormir de mieux en mieux, de péter les plombs de moins en moins…

De toutes petites victoires, mais des victoires quand même !

Et du coup, quand je suis dans un bon jour comme aujourd’hui et que je vois ma journée défiler devant mes yeux : lever à 6 h 30, 6 heures de boulot, une heure de gym, les courses, la maison, le vélo, de nouvelles recettes de cuisine testées… C’est sûr, je suis fatiguée, mais je ne suis pas sûre que je ne l’aurais pas été non plus avant ! Et peut-être même que j’en aurais fait moins !

La maladie me pousse dans mes retranchements et même si je ne veux plus me battre contre toi, tu me durcis, me rendant finalement plus endurante !

Ma prochaine étape sera donc d’apprendre à ne pas en faire trop 🙂