Henri Bauchau une étoile s’est éteinte

Je ne sais pas si l’on peut traverser sa vie sans n’être jamais profondément bouleversé par des textes, des lectures, quelle en soit la nature.

En ce qui me concerne, lire est une activité importante et m’a toujours accompagnée, et voir même portée dans les moments de doutes, d’errances.

À l’instar de la célèbre vague de Hokusai, qui illustre d’ailleurs l’un de ses livres, la rencontre avec l’œuvre d’Henri Bauchau fut de cette importance-là ! Comme un tsunami intérieur dont on ne ressort ni plus ni moins heureux, mais vivant et métamorphosé, intrinsèquement ! 

Je m’en souviens d’autant plus, étant à ce moment-là dans un brouillard épais, fruit d’une longue dépression, que je sais maintenant devoir à l’installation de mon cher colocataire.

Bref, la boucle est bouclée, car je voudrais rendre ce soir, sur ce blog, un dernier hommage à celui qui m’a accompagnée dans les premiers moments de naufrage, dans cette épreuve qui est devenue mienne.

Pas de long discours ni de résumé. Mais une pensée émue et chaleureuse pour ce grand homme disparu aujourd’hui.

On ne ressort pas indemne d’« Œdipe sur la route » ou d’« Antigone », c’est sûr ! Mais bien plus sage, plus humain !

« Œdipe chante l’histoire de sa vie, il n’a jamais mieux chanté, 
sa voix s’élève, s’approfondit dans les profondeurs 
du terrible et de l’ignoré pour atteindre 
avec quelques images de lumière 
aux abords de la sérénité.
 
Henri Bauchau – Œdipe sur la route – Actes Sud – 1990 

Si vous avez la chance de ne pas l’avoir encore lu, c’est le moment ! Et pour moi, en hommage… une relecture s’impose ! Merci encore, M. Bauchau et bon voyage…