Parkinson is my new workshop đŸ‡«đŸ‡·

Je suis relieur et j’ai la maladie de Parkinson. Et alors, me direz-vous, c’est quoi le rapport ? 

Aucun, si ce n’est que la reliure m’a offert une partie des outils qui me permettent maintenant de gĂ©rer ce Fils de Park’s.

En effet, pour exercer un mĂ©tier manuel, il faut de la rigueur, de la patience et parfois mĂȘme de l’acharnement. Cela demande Ă©galement une bonne dose d’organisation et de grands moments de solitude. Cela ne vous rappelle rien ?

Pour ma part, je trouve que la maladie sollicite beaucoup de ces traits de caractĂšre. Et comme je suis rentrĂ©e Ă  l’Ă©poque en apprentissage, je rentre aujourd’hui dans la LĂ©gion Etrange, pleinement et consciemment.

Le socle est lĂ , structurĂ© et solide. Et si ce Fils de Park’s croit qu’il va me faire tourner en bourrique, il n’a qu’Ă  bien s’accrocher ! Par contre, ce que je n’avais pas prĂ©vu c’est que ce Fils de Park’s, lui n’a jamais appris la reliure. Il est aussi gauche que j’Ă©tais adroite et tellement impatient…

Du coup, s’offre Ă  moi un nouvel apprentissage, celui de l’endurance, du combat physique et de l’humilitĂ©.

Car il semblerait, que ce Fils de Park’s, ne soit pas un pro de la perfection ! Et j’ai beau lui expliquer que ce travail demande de l’habilitĂ© et de la prĂ©cision, il se joue de mes exigences et tente systĂ©matiquement de les rabaisser. Il prend d’ailleurs un malin plaisir Ă  faire des taches lĂ  oĂč je pose la colle, utilise mes pinceaux comme des baguettes de tambour et ne cesse de gigoter dans tous les sens !

Ce qui me sauve ? Des rĂ©flexes Ă  toute Ă©preuve, aiguisĂ©s par des annĂ©es de pratiques, et une passion pour ce mĂ©tier qui ne s’est jamais Ă©teinte. Merci du fond du cƓur Ă  Sophie, de me l’avoir transmise.

À ce jour, je peux encore rĂ©guliĂšrement me remettre Ă  mon Ă©tabli, et crĂ©er jusqu’Ă  l’oubli, de jolis carnets pour ma petite entreprise. J’ai de la chance…

Et quand, comme aujourd’hui, mes yeux se posent enfin sur le travail accompli, j’oublie instantanĂ©ment les efforts et la maladie, pour ne retenir qu’une seule chose, ce Fils de Park’s et moi, nous formons encore une belle Ă©quipe !